Ce film a reçu le prix de la meilleure mise en scène au dernier festival de Cannes (60ème) pour son réalisateur Julian Schnabel. Et c'est totalement mérité vu la qualté et l'originalité de son travail sur le sujet traité.

Scaphandre_PapillonEn effet, comment filmer une personne atteinte du locked-in [bloqué à l'intérieur] syndrôme ? C'est à dire réussir à exprimer les attitudes des gens autour de cette personne et surtout son attitude et ses sentiments à lui face à son environnement. Une voix off pour commencer bien sûr, mais bien plus que ça pour décrire l'état d'une personne comme enfermée dans un scaphandre, conscient de tout mais qui ne peut parler avec le monde qu'avec un oeil, et un seul. Le clignement de cet oeil, c'est comme celui du papillon. Le papillon c'est aussi l'esprit libre du personnage principal.

L'image du "papillon" enfermé dans un "scaphandre" est de Jean-Dominique Bauby. Le film est une adaptation du livre que ce dernier à écrit sur son état, et il décrit son histoire depuis son accident vasculaire. On suit son réveil, sa difficile rééducation, ses séduisantes infirmière, son orthophoniste qui va lui apprendre une nouvelle façon de s'exprimer (Marie-José Croze, vue dernièrement dans Ne le dis à personne). Tout passe par le visage des acteurs étant donné que la caméra de Schnabel est placée, pendant une grande partie du film, comme si on étais Jean-Dominique Bauby, dans son oeil si on peut dire. Quand un personnage sort de son espace visuel, nous le perdons aussi. Puis, petit à petit, on nous le montre mais seulement une fois que lui s'est vu. Et puis, au fur et à mesure qu'il sort de son enfermement, qu'il comprend qu'il a la chance de pourvoir communiquer, on découvre tous ses proches qui viennent le visiter. Particulièrement son ex-femme (Emmanuelle Seigner) et ses enfants, son meilleur ami (Isaach de Bankolé), un homme qui a été longtemps prit en otage (Niels Arestrup), le père de Bauby (l'acteur suédois Max Von Amalric_Baubt_et_son_p_reSydow).

PS : j'aime bien cette scène flash-back entre Amalric et celui qui joue son père -->

C'est un film qui fait pleurer parce qu'il touche notre humanité, la faiblesse que nous avons tous en nous. Tout à chacun peut vivre un moment douloureux et on peut comprendre tous les états par lesquels il passe. Mathieu Amalric, qui se dit plus volontier réalisateur, est ici parfait. Il est comme on se l'imagine un rédacteur en chef de magazine féminin : arrogant, sûr de lui, maître du monde, mais le portrait ne verse jamais dans la caricature, sa vie d'avant est juste esquissée par quelques scènes, notamment avec sa nouvelle compagne (jouée par la césarisée Marina Hands). Ce qui est frappant c'est le décalage entre ses pensées (on pourrait dire paroles) et son état physique. Pas facile d'être torché comme un bébé et de penser comme un homme valide et sain d'esprit : l'égo en prend un sacré coup.

Evidemment, ce n'est pas un film qui finit bien, c'est un beau film très émouvant que je conseille fortement.