22 janvier 2007
Les chiffonniers d'emmaüs
Cet après-midi, France 3 a programmé le film : "les chiffonniers d'emmaüs" pour rendre hommage a l'Abbé Pierre, qui est allé rejoindre son créateur ce matin très tôt après une hospitalisation de 8 jours. Je ne le savais pas mais il avait une santé fragile depuis toujours, ce qui ne l'a pourtant pas empêché de jeter la totalité de ses forces dans sa bataille contre la misère.
![]()
Le film était précédé d'une petite présentation, faite par l'Abbé Pierre lui même, qui insiste pour dire que leur histoire, celle de la création de la communauté d'Emmaüs, n'était pas romancée comme on à l'habitude de le faire dans de telles reconstitutions.
J'ai trouvé ce film très émouvant et aussi instructif, dans mon cas car je ne connaissais pas bien l'histoire de la création de cette communauté. Tout a débuté avec l'achat d'une maison à Neuilly-plaisance, qu'il a lui même retapé et qu'il a transformé en une sorte d'auberge de jeunesse qui a bientôt accueilli des sans-abri, des SDF. Voyant la pauvreté des gens autour d'eux, obligés de dormir dans des campements de fortune, ils ont commencés à construire des maisons que ces derniers pourraient par la suite acheter à crédit (beaucoup d'entre eux travaillaient mais ne povaient se payer un loyer suit à la pénurie de logement d'après guerre). Bientôt, tous les gens nécessiteux se sont donnés le mot et sont venus à Emmaüs. Ils avaient besoin d'argent pour acheter le matériel de construction, c'est pourquoi ils sont devenus chiffonniers, à récupérer les tissus, conserves et papier dans les décharges. Heureusement, leur activité a aussi pû s'accroître grace aux dons envoyés par les gens suite à son fameux appel sur les ondes radio au moment de l'hiver 54.
Depuis des communautés Emmaüs sont apparues un peu partout dans le monde, comme le montre cette archive de l'INA.
Pour plus de détails sur l'histoire du mouvement, allez sur le site d'Emmaüs.
Travailler un peu plus que pour ses propres besoins, pour pourvoir aider les autres.
18 janvier 2007
dérives commerciales a tous les étages !!
Je viens de lire ça dans un magazine (économique) et j'en suis restée scotchée :
A la baisse des ventes de vêtements, les commerçants proposent une solution : " faisons en sorte que le commerce soit une fête". Bon là, d'accord, ça passe encore, on peut s'amuser en faisant du shopping quand c'est pas dans la cohue et avec des amis. Mais ensuite il disent que pour parvenir à faire du commerce une fête, l'objectif sera de soigner "la façon de mettre en scène le plaisir de consommer".
![]()
![]()
Ouah... le "plaisir de consommer" qu'il faut "mettre en scène"......
C'est du thérâtre alors ?
Attendez, parce qu'en plus, ils ont donné un nom a ce truc. ça s'appelle le "fun-shopping". La classe hein ?
14 janvier 2007
réflexion sur la célébrité
Un passage du livre de Jean-Paul Sartre "Les mots" :
"Une image a résumé longtemps à mes yeux les fastes sinistres de la notoriété : une longue table recouverte d'une nappe blanche portait des carafons d'orangeade et des bouteilles de mousseux, je prenais une coupe, des hommes en habit qui m'entouraient - ils étaient bien quinze - portaient un toast à ma santé, je devinais derrière nous l'immensité poussiéreuse et déserte d'une salle en location". p133.
![]()
Je trouve que l'image de la grande salle vide résume bien la célébrité. On imagine bien la personne entourée de gens de telle sorte qu'elle ne voit plus l'horizon derrière et que, du coup, elle pense que tout le monde l'adule, alors qu'il s'agit d'un nombre très réduit de personnes. C'est un peu comme ça (j'imagine) dans tous les environnements fermés, repliés sur eux mêmes et qui ne se rendent pas compte de l'existence de la vie à l'extérieur. Par exemple, Johnny Halliday est hyper connu. Oui, mais uniquement en France et en Belgique, ailleurs personne ne le connais.

J'aime bien aussi l'idée qu'il ne s'agit que d'une "salle de location", c'est à dire que la célébrité est éphémère, qu'elle ne dure qu'un temps très court. Là j'imagine bien tous les "artistes" de télé-réalité qui n'ont eu qu'une gloire éphémère et factice. Impossible de citer tous les noms !
Bon, là j'ai fait une interprétation très personnelle et actuelle de ces quelques phrases, et ce n'est peut être (sûrement) pas ce que Jean-Paul Sartre voulait dire. Il ne pouvait évidemment pas penser à ces exemples puisqu'ils n'existaient pas... Mais ça m'a interpellée. ((J'espère que je ne choque pas les puristes de Jean-Paul Sartre, je n'ai lu que "les mots"))
PS : il y a eu il n'y a pas longtemps a la télé un téléfilm en deux parties sur SARTRE, qui était passionnant (avec Denis Podalydès).
11 décembre 2006
le "beau" dans le discours politique
Dans l'émission "Arrêt Sur Images" (France 5, le dimanche à 12h35), Daniel Schneidermann invite souvent un certain Sébastien Bohler (psychologue et journaliste) qui décripte les images en citant et exliquant des études qui scrutent et évaluent leur impact psychologique sur nous.
Ses chroniques sont toujours intéressantes car elles montrent bien les mécanismes qui nous attirent, ou nous révulsent, dans les images de télé que l'ont voit tous les jours.
La semaine dernière (émission du 3 décembre) il explique des images de Ségolène Royal, et plus précisément de son physique et de ses vêtements. La chronique s'intitule : "pourquoi Ségolène Royal parvient-elle à nous convaincre quand elle est interviewée ?"
Vous pouvez voir la séquence sur le site de France 5.
"élégance, charisme, prestance, disons le, cette beauté" nous dit M. Bohler. Les images de son discours d'investiture au PS sont lisses et nous donne envie d'y croire, de croire qu'elle pourrait, à la tête de l'Etat, changer les choses, nous donner un monde meilleur. En tout cas, qu'elle serait parfaite dans des négociations internationales. Et c'est vrai, on se sent rassuré en l'écoutant, et comme dit Sébastien Bohler, "on est plutôt convaincu" par le propos "même si on s'en souvient pas très bien".
Il se demande si le même discours dans une autre bouche (moins jolie) aurait fait la même impression... et.. peut-être bien que non. Des études scientifiques ont ainsi montré qu'on croît plus les gens quand ils sont beaux !!! C'est ce qu'il appelle l' "effet beauté".
Attention, petit bémol, ce phénomène ne fonctionne bien que quand le discours de la personne au physique avantageux porte sur des généralités, et non sur des sujets/propositions concrètes. Par exemple, les jeunes délinquants dans des lieux militaires, la discrimination positive, le choix d'une politique d'immigration sont des propositions concrètes pour lesquelles tous les français ne sont pas d'accord, au contraire des paroles sur les valeurs universelles, la liberté, les idéeaux d'égalité, la fierté nationale,...
Je ne cherche pas à faire de politique (surtout pas, ce n'est pas du tout l'objet de mon blog), je trouve juste que ce point de vue est intéressant, et en tout cas, qu'il fait méditer sur le "beau" dans notre société.
18 janvier 2005
la dictature du bonheur...
C'est un concept que j'ai entendu dans le zapping de Canal+.
Il est de Pascal Bruckner. Je ne vous dirait rien de précis sur ce sujet car je n'ai pas lu son bouquin mais plutôt mon avis sur ce qu'il fait ressortir en moi.
De ce que j'ai compris, c'est que le bonheur est devenu un devoir : on se sent obligé de l'être et du coup, comme il est impossible de l'être de manière permanente, on se sent finalement coupable de ne pas l'être, comme si on avait fait une faute ! On se dit qu'on est un incapable... alors que dans le réalité, ce n'est tout simplement pas possible, et peut-être même pas enviable.
Toujours est-il que cette dictature est à l'oeuvre tout autour de nous, dans les films, la télé, les magazines, les pubs,... Les quelques personnes qui ont essayé de mettre en avant des personnes différentes, un peu plus grosse que le canon, mais tellement vraies car correspondant à la vie de tous les jours, à l'état de notre société, n'ont eu aucun succès. Et quand on en met en avant, ce sont soit des salauds, soit des bénêts ! Ils servent à nous attendrir, à verser quelques larmes ou à les haïr, mais c'est tout. Ce sont les quelques personnes sur lesquelles on charge toutes nos cupabilités et qu'on isole afin de ne plus les voir. De cette manière le coupable est bien défini. Bref, un bouc-émissaire. C'est une manière de nous rassurer, et le pire c'est que c'est profondément ancré en nous tous. Comme le dis Bruckner, le bonheur est devenu un "impératif collectif".
On nous renvoie de belles images, auxquelles on est censés s'identifier. Sauf que très peu y arrivent, la majorité est tout simplement normale, ou verse dans l'extrême inverse par sentiment de culpabilité. Alors que ce bonheur est tout simplement impossible à atteindre, "c'est une quête sans fin". On ne peut pas atteindre le bonheur sexuel, professionnel, personnel, psychologique. C'est sûrement un lieu commun, mais je pense que personne n'est parfait. Et que c'est bien !! Il faut savoir accepter de savourer le bonheur comme des moments qui seront forcément fugaces. Et même voir le bon côté des choses, mais pas nous faire croire que tout est parfait, car ce n'est pas vrai.
En attendant, on continue à mettre les malades, les vieux, les moches, de côté. A ne pas leur accorder d'attention. Seuls les winners (sic) sont mis en avant. Pourtant, tout le monde peut basculer dans l'autre catégorie, et ça tout le monde en a peur et on fait tout contre. On fait de la chirurgie esthétique, par exemple. Bruckner parle aussi de viagra et d'antidépresseur, dont les français sont très friants. Pourtant, des gens qui ont tout, comme beaucoup d'argent, ne sont pas heureux, et la raison en est que le bonheur ne s'achète pas, il vient et il va, il est "impossible de la posséder" (Bruckner).
Vous pouvez lire l'interview de Pascal bruckner faite par le site Psychologies.com, à l'adresse suivante : http://www.psychomag.com/cfml/article/c_article.cfm?id=970.




